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Minoritaires – Solocal veut sauver ses créanciers grâce à ses actionnaires

Un beau cadeau de la part des actionnaires de SoLocal Group aux créanciers du groupe : 572 millions d’euros.

Si le plan de restructuration de la dette est voté,  seul cette dernière pourra peut-être sauver les créances de ceux qui ont prêté sauvagement à l’ex-PagesJaunes en 2006. Rappelez-vous, un premier plan similaire a déjà été voté par les actionnaires pour ce même motif.

Le plan de restructuration de la dette voulut par les créanciers et la direction de Solocal prévoit que ces derniers pourront récupérer un panier d’actions, d’obligations et de cash d’une valeur de 1226 millions €. Les créanciers toucheraient ainsi 62 millions d’euros de plus.

Cette probabilité soulevée par certains actionnaires, dont Benjamin Jayet, a été confirmée par l’expertise indépendante du Cabinet Détroyat. Le Cabinet Détroyat, dans son rapport se base sur la valeur d’entreprise (1480 millions d’euros) établie par l’expert indépendant, le cabinet Didier Kling. Ce qui conclut l’hypothèse plus que probable que les actionnaires actuels et investisseurs éventuels ne se presseront pas pour souscrire à l’augmentation de capital du groupe.

Le plan de restructuration pense donc à sauver une nouvelle fois les créanciers, avec encore 400 millions de dettes à rembourser sur 5 ans (jusqu’à 8 %). Sans aucune garantie pour l’avenir du groupe.

Ce manque d’équilibre et de viabilité avait déjà été soulevé par les actionnaires avec Benjamin Jayet en tête du groupe. Ce dernier propose un plan alternatif plus viable pour les actionnaires de Solocal Group. Ce plan ne transférerait qu’une partie de la valeur du groupe aux actionnaires (environ 20 %)  et permettrait aux créanciers de n’abandonner que 10 % du nominal de leurs créances. Alternative viable complètement ignorée par les créanciers comme par la direction, ce qui pose certaines questions sur la finalité de leur démarche.

Face à la menace du redressement judiciaire brandie par les créanciers et la direction, rien ne dit que le tribunal de commerce n’optera  pas, comme souvent, pour un étalement des créances sur 10 ans, sans versement d’intérêt pour les financiers. Ce qui ne conviendra à personne et surtout pas aux créanciers.